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Les demandeurs d’emploi de la génération Y en Suisse sont davantage prêts à faire des compromis pour leur travail

Les jeunes demandeurs d’emploi en Suisse sont modestes. Tel est le résultat de l’Indice de Confiance de l’emploi de PageGroup pour le troisième trimestre. Ceux qui veulent endosser de nouvelles fonctions sont disposés à faire d’importants compromis et ce, non seulement en ce qui concerne l’aspect financier, mais dans d’autres domaines également. Nous avons effectué une longue étude qui nous a permis de mettre en évidence les cinq concessions les plus fréquentes que les candidats seraient prêts à faire :

 

Les jeunes demandeurs d’emploi en Suisse feraient de nombreuses concessions pour leur nouvel emploi

 

Mais ces résultats sont-ils vraiment surprenants?

“Oui, clairement!” selon Xavier Chauville, Directeur Exécutif pour la Suisse chez Page Personnel. Celui-ci a recruté des talents sur le marché suisse durant 12 ans. Dans notre entretien avec lui, il présente son interprétation des résultats et explique pourquoi les jeunes employés, en Suisse, sont aujourd’hui prêts à faire des compromis.

 

  1. 88 % des candidats de moins de 30 ans seraient prêts à travailler dans un environnement stressant

    « En général, chacun a sa propre manière de comprendre ce que le stress signifie. La question est donc : comment définissons-nous le stress? S’il signifie des défis professionnels qui vous aident à améliorer constamment vos aptitudes, ainsi que des tâches nouvelles à remplir dans des délais courts, alors le stress a toute sa raison d’être. Contrairement à leurs collègues plus âgés, les jeunes demandeurs d’emploi acceptent ce genre de stress et ne semblent pas le craindre. Ils sont au tout début de leur carrière et veulent faire leurs preuves. Les employés plus âgés connaissent déjà leur valeur et sont conscients de leurs limites. Ils savent ce qu’ils sont capables de faire et ce qui dépasse leurs capacités. »

    « En ce moment, l’équilibre entre travail et vie privée ainsi que les heures de travail flexibles sont des sujets particulièrement d’actualité. Les employés sont efficaces dans leur travail et attendant en retour un bon équilibre entre travail et vie privée. Les employés suisses considèrent généralement qu’ils bénéficient d’un bon équilibre entre travail et vie privée. En comparaison européenne, ils comptent parmi les trois pays les mieux classés à cet égard. Cependant, l’Indice de Confiance a aussi mis en évidence le fait que 63 % des jeunes demandeurs d’emploi seraient prêts à réduire leurs exigences dans ce domaine, au moins pour une brève période.

     

  2. 83 % des demandeurs d’emploi âgés de moins de 30 ans feraient des concessions sur leur rémunération

    « La rémunération est élevée en Suisse et les candidats en sont conscients. Lorsqu’une personne accepte un salaire moins élevé, elle va probablement devoir se restreindre un peu. Mais elle n’aura pas pour autant besoin de déménager dans un appartement plus petit car l’ancien serait devenu trop cher pour elle. » En Suisse, les concessions faites sur le niveau de rémunération s’accompagnent souvent d’autres avantages : des entreprises attirent des candidats en proposant des offres flexibles, des vacances supplémentaires, des formations spécifiques ou la possibilité de travailler depuis chez soi. Ce genre d’options est surtout courant en Romandie. « Il faut dire que les jeunes professionnels, en Suisse, ne mesurent pas la valeur de leur travail uniquement à l’aune de la quantité d’argent qu’ils gagnent : Ils veulent le meilleur emploi. Des différences de salaires entre collègues se sont pas nécessairement perturbantes. Ils veulent un emploi exigeant, qui leur donne la possibilité de se développer. » Ces demandes s’inscrivent dans une tendance générale: l’apprentissage tout au long de la vie est un thème continuellement d’actualité en Suisse, pour tous les groupes d’âge.

 

  1. 81 % des demandeurs d’emploi augmenteraient leur temps de déplacement entre domicile et lieu de travail

    « Ce nombre est étonnamment élevé, mais il donne une image exacte de la tendance actuelle du marché suisse. Notre étude menée auprès de candidats nous a appris que les jeunes professionnels en particulier rechignent à se déplacer plus de 45 minutes jusqu’à leur lieu de travail, mais le marché est en train de changer », explique Xavier Chauville. « La compétition croissante due à des employés hautement qualifiés, provenant de la région ou étrangers, n’est que l’un des divers défis auxquels les candidats doivent aujourd’hui faire face en Suisse. » Dans ces conditions, le fait que les jeunes demandeurs d’emploi soient prêts à augmenter leur temps de trajet est-il vraiment surprenant ? Dans une certaine mesure seulement : en Suisse, la majorité des gens se rend au travail en transports publics, ce qui leur donne la possibilité d’utiliser leur temps de trajet de manière productive et de commencer plus tôt à travailler. Il ne s’agit donc pas d’une perte de temps ; le trajet est réellement utilisé de manière efficace car le travail effectué dans le train permet de passer moins de temps au bureau. Les employés peuvent donc utiliser leur temps de manière plus efficace et profiter au maximum de leurs journées. Les trains du matin, à Zurich ou à Berne, sont bondés. Tout le monde a son ordinateur portable et commence déjà à effectuer une partie du travail de la journée. Un trajet plus long ne posera donc aucun problème à ceux qui ont la possibilité d’utiliser leur temps de trajet pour travailler. « L’exemple de l’un de nos clients l’illustre bien. Il offre à ses employés la possibilité de travailler durant leurs trajets, pour autant que les circonstances le permettent, et l’expérience s’est avérée positive. »

 

  1. 81% des chercheurs d’emploi de moins de 30 ans feraient des concessions sur les responsabilités de leur poste

    « Ce nombre élevé m’a surpris. En général, les jeunes professionnels visent haut en début de carrière. Cela implique habituellement d’assumer de larges responsabilités. Ils veulent ainsi poser les bases de leur future carrière. On constate que l’accent est mis sur le développement de nouvelles aptitudes et connaissances, surtout durant les premières années de la vie active. Cela signifie donc que des candidats acceptent d’avoir moins de responsabilités si, en contrepartie, l’opportunité leur est donnée d’acquérir des connaissances plus approfondies. En ce sens, les résultats sont cohérents. Le souhait d’acquérir de nouvelles compétences professionnelles et de poursuivre leur développement personnel est central. »

    « Une autre explication pourrait être qu’ils cherchent à accumuler une vaste gamme de compétences. Lorsque, après deux années passées à travailler dans la finance, j’ai changé d’orientation pour me lancer dans le marketing, j’ai bien sûr accepté des responsabilités inférieures, au début. Ce genre de développement horizontal de la carrière s’observe plus souvent. Beaucoup de jeunes employés cherchent à développer des compétences diverses. On pourrait dire que la jeune génération favorise une évolution de carrière plus large, horizontale et offrant des responsabilités diversifiées. »

 

  1. 79% des candidats de moins de 30 ans accepteraient un poste similaire ou inférieur

    En comparaison des points précédents, les jeunes candidats seraient moins disposés à faire des compromis en ce qui concerne l’intitulé et la position hiérarchique de leur poste. 21 % refuseraient un poste pour cette raison. « C’est compréhensible. Les jeunes candidats sont ambitieux et veulent avancer dans leur carrière. Les désignations des postes et les promotions sont importantes, surtout quand vous êtes jeunes. »

    Toutefois, près de quatre candidats sur cinq prendraient un nouvel emploi même si cela impliquait d’accepter un poste similaire ou inférieur. « Les jeunes candidats sont curieux et veulent se développer, mais ils sont également réalistes et connaissent la situation actuelle du marché. Il y a aussi des candidats qui ont besoin de trouver un emploi rapidement et sont donc prêts à accepter un poste qui ne leur convient pas totalement. L’ambition n’est bien sûr pas la même d’un individu à l’autre, mais à cet âge, la plupart des candidats veulent aller plus haut. En effectuant au besoin un détour dans leur ascension professionnelle. »

 

Dans quelle mesure les candidats sont-ils confiants à l’égard de la situation actuelle du marché du travail? Découvrez-le ici.